C’est en 1940 que le gouvernement du Maréchal Pétain crée le Premier Ministère de la Famille. Et c’est pendant la deuxième guère mondiale et sous l’occupation que se créent un certain nombre des Associations familiales qui existent encore. En ce temps là, la devise nationale, comme chacun s’en souvient, substituait "Travail - Famille - Patrie" au "Liberté - Égalité - Fraternité" de la révolution Française.
Le 29 décembre 1942 et le 3 décembre 1943 des règlements d’État mettent en place un réseau d’Associations familiales chargé de représenter l’ensemble des familles devant les Pouvoirs Publics. Chaque association était unique pour la commune ou le canton. L’adhésion n’était pas obligatoire, mais la représentation n’était ni pluraliste, ni laïque.
Les origines directes
Les UDAF sont réunies dans une Union Nationale (UNAF) qui a les mêmes prérogatives à l’échelon national.
L’exposé des motifs de l’Ordonnance de 1945 fixe clairement l’objectif : "Enrayer le fléau de la dénatalité" et apporter au gouvernement le "soutien sans réserve de l’opinion publique familiale". On le voit, la législation gaullienne tentait d’adapter le vichysme aux conditions de la libération. Ce sont d’ailleurs les unions départementales vichystes qui ont constitué le cadre d’appui et d’organisation des nouvelles UDAF.
En 1956, les dispositions de l’ordonnance ont été intégrées dans le Code de la Famille et de l’Aide Sociale. L’article premier du Code de la Famille stipulait :
que "les associations familiales groupent les familles constituées par le mariage et la filiation légitime ou adoptive, et dont le chef et les enfants sont français"
que "les Associations familiales ont pour but d’assurer … la défense des intérêts généraux de toutes les familles."
Il résulte de ces textes que les familles étrangères ou les familles hors mariage étaient exclues de l’institution. D’autre part, les Associations défendant les intérêts spécifiques de certaines familles n’étaient pas reconnues. Enfin, les Mouvements familiaux affinitaires (au plan religieux, philosophique ou politique) dont dépend l’essentiel du dynamisme familial, n’étaient pas représentés dans les UDAF et à l’UNAF.
Cette situation freinait le développement des Associations et par là, mettait en cause la représentativité d’une Institution qui ne groupait que quelques centaines de milliers de familles (sur 15 millions). Encore faut-il indiquer que les origines vichystes de l’institution avaient favorisé la prise du pouvoir dans les UDAF et à l’UNAF par les représentants des Associations confessionnelles et conservatrices, sinon réactionnaires. Or l’évolution de la législation sanctionnait de plus en plus une évolution profonde des mœurs, concernant la vie des couples et les rapports avec les enfants. Et il fallait, à tout prix, améliorer la représentativité réelle des UDAF et de l’UNAF sous peine de ne plus pouvoir justifier leur mission institutionnelle.
La réforme de 1975
les couples non-mariés avec enfants, les couples mariés sans enfants, toute personne physique ayant charge légale d’enfant, par filiation ou adoption, toute personne physique exerçant l’autorité parentale ou la tutelle sur un ou plusieurs enfants dont elle a la charge effective et permanente, les étrangers régulièrement établis en France, avec tout ou partie de leur famille. les associations ayant pour but la défense de certaines catégories de familles. chaque association ou fédération d’associations familiales conserve le droit de représenter auprès des pouvoirs publics les intérêts dont elle a assumé la charge. L’UNAF est composée non seulement des UDAF mais encore des Groupements nationaux d’associations dont les sections ou organisations locales sont adhérentes aux UDAF.
Ces changements se sont traduits pour une certaine modification de la composition des Conseils d’administration des UDAF et de l’UNAF où la domination confessionnelle et réactionnaire s’est atténuée. En 1976, un décret du 21 avril a porté de 0,03% à 0,07% le prélèvement opéré sur le montant des prestations familiales légales pour le financement de l’UNAF. Ce prélèvement a rapporté 58 millions de nouveaux francs en 1982, il représente environ 66 millions en 1984. Les débats parlementaires qui ont débouché sur cette mesure révélèrent l’accord unanime des groupes politiques. Cette unanimité traduisait une reconnaissance de l’Institution nationale sur la base de ses nouveaux statuts.


